L’ASIATHÈQUE / Omprakash Valmiki – Salaam le 3 octobre 2018

Le 3 octobre 2018

Collection « Monde indien »

272 pages – 19,50 €

Format : 14 X 18 cm

Salaam

Omprakash Valmiki

Les récits coups de poing d’un paria de l’Inde ; un sans-voix prend la parole.

Les quatorze nouvelles du recueil Salaam traitent des difficultés auxquelles sont confrontées en permanence les personnes issues des communautés dalites (intouchables) en Inde. Certaines nouvelles sont situées dans un cadre urbain avec l’émergence d’une élite dalite qui doit cacher sa caste pour pouvoir trouver un logement et frayer avec les voisins. Elles évoquent la déconsidération, la brusque haine, le dégoût soudain dont certains font immédiatement l’objet lorsque leur condition d’intouchables est découverte, de même que les humiliations, les intimidations, le harcèlement au travail de nombre de dalits qui ont un emploi de bureau. D’autres nouvelles ont pour cadre le village, paradis selon les idéaux gandhiens, mais également lieu où s’exerce un pouvoir tyrannique et arbitraire, où règne l’injustice sociale. Le propos de l’auteur est de mettre en évidence, à travers des histoires parfois tragiques, les dures réalit.s de l’existence des dalits, de sensibiliser les lecteurs à leurs souffrances et de les amener in fine à une prise de conscience.

Omprakash Valmiki est né en 1950 dans l’état de l’Uttar Pradesh dans une famille de la caste intouchable des balayeurs-éboueurs, et décédé en novembre 2013. Auteur engagé et figure majeure de la littérature en Inde, il est l’auteur de Joothan, autobiographie d’un intouchable, publié à l’Asiathèque.

Extrait “Le fils de Ballu Ranghar, le lutteur filiforme Rampal, déambulait en bombant le torse depuis qu’il avait expulsé Kamal Upadhyaya de l’échoppe de thé. Il avait déjà narré ses valeureux exploits au village tout entier. Comment il avait pris sur le fait un vidangeur qui s’apprêtait à boire du thé à la boutique en dissimulant sa caste. Comme c’était un membre du cortège, il ne l’avait pas molesté. Mais si quelqu’un d’autre avait commis un tel forfait, on préparerait déjà son linceul. Les gens savouraient l’histoire et y ajoutaient même des détails de leur cru. En quelques heures, ce sujet de discussion avait gagné le village tout entier. »

L’Inde a adopté des mesures de discrimination positive réservant aux dalits des quotas dans le système éducatif, la fonction publique et la représentation politique, mais ces mesures n’ont bénéficié qu’à une poignée d’individus. Si les dalits occupent aujourd’hui des fonctions politiques importantes, cet “apartheid caché” se perpétue et toutes les tentatives de remise en cause de cet ordre social rigide se heurtent invariablement à des flambées de violence et à des représailles économiques. C’est à partir de cet état de fait dont il a personnellement cruellement souffert qu’Omprakash Valmiki a construit son oeuvre, évoquant dans le récit de sa vie les épreuves traversées, et écrivant des poèmes et des ouvrages de fiction nourris par les expériences douloureuses que lui et son entourage ont vécues. » (Extrait de la présentation.)

• La littérature dalite est à l’heure actuelle une des littératures majeures de la scène littéraire indienne tout en étant encore ignorée en France.

• La parution concomitante de Joothan et de Salaam à l’Asiathèque en octobre 2018 donne un coup de phare sur un des plus grands auteurs de l’Inde de ces dernières années, peu connu en France. C’est un événement par la qualité des textes proposés et de leurs traductions.

Nouvelles traduites du hindi par Francis Évrielle et Nicole Guignon et par Marguerite Gricourt.