L’ASIATHÈQUE / Omprakash Valmiki – Joothan le 3 octobre 2018

Le 3 octobre 2018

Collection « Monde indien »

432 pages – 23,50 €

Format : 14 X 18 cm

Joothan, autobiographie d’un intouchable

Omprakash Valmiki

L’éveil social d’un intouchable contre une domination omniprésente toujours d’actualité.

Joothan est l’autobiographie d’Omprakash Valmiki (1950-2013), écrivain indien né dans une de ces basses castes dont les membres étaient autrefois désignés comme « intouchables » et ont pris aujourd’hui le nom de « dalits » (du hindi dalit, « écrasé »). Joothan a eu un énorme retentissement en Inde et est aujourd’hui un sujet d’étude. L’auteur y raconte sa vie depuis son enfance difficile jusqu’à la maladie qui entraîna sa mort. Par la description détaillée du quotidien, Joothan montre comment fonctionne la société indienne, comment les discriminations sur la base de la caste ont survécu à leur interdiction dans la Constitution, comment elles lèsent économiquement et blessent moralement toute une partie de la société. Joothan montre aussi comment les populations qui en sont victimes tentent d’y échapper et les tensions qui en résultent, même au sein des familles. L’autobiographie d’Omprakash Valmiki reflète cependant la sérénité d’un homme de conviction qui ne souhaitait qu’une chose, que tous les hommes se voient reconnaître la même dignité, quelle que soit leur origine.

Omprakash Valmiki est né en 1950 dans l’état de l’Uttar Pradesh dans une famille de la caste intouchable des balayeurs-éboueurs, et décédé en novembre 2013. Auteur engagé et figure majeure de la littérature en Inde il est l’auteur du recueil de nouvelles Salaam publié à l’Asiathèque.

« Un parcours rapide de la presse indienne en 2018 détaille les prétendus “crimes” commis par des dalits et aussitôt punis par des membres des castes supérieures, tel ce dalit tué car propriétaire d’un cheval que de surcroît il osait monter (un privilège au-dessus de son rang), ou ces trois dalits tués car ils s’étaient assis en tailleur devant des personnes de caste supérieure ; à citer encore ce barbier, qui lui n’était pas dalit, mais qui fut battu pour avoir coupé les cheveux de dalits. Il n’est pas étonnant dès lors qu’en avril 2018 des manifestations de dalits aient éclaté suite à une décision de la Cour suprême de l’Inde mettant fin à l’arrestation automatique de coupables de violences contre des personnes aujourd’hui classifiées par le gouvernement indien comme venant des castes dites « répertoriées» — en anglais “Scheduled Castes” (S.C.). Effectivement, on voit dans le récit de Valmiki que dire de quelqu’un qu’il est un “S.C.” équivaut à le renvoyer au plus bas de l’échelle.

« Lire Joothan aujourd’hui, ce cri du coeur d’un dalit conscient de l’injustice cruelle de son sort mais également habilité à y répondre par son militantisme d’auteur engagé et par la simple force d’un homme qui se comporte toujours avec courage et dignité face à une discrimination inflexible, c’est pouvoir, le temps de cette lecture, se mettre dans la peau des dalits dont la lutte reste, hélas, plus que jamais d’actualité. » (Extrait de la pr.face de Mira Kamdar.)

• La littérature dalite est à l’heure actuelle une des littératures majeures de la scène littéraire indienne tout en étant encore ignorée en France.

• La parution concomitante de Joothan et de Salaam à l’Asiathèque en octobre 2018 donne un coup de phare sur un des plus grands auteurs de l’Inde de ces dernières années, peu connu en France. C’est un événement par la qualité des textes proposés et de leurs traductions.

Traduit du hindi par Francis Évrielle et Nicole Guignon

Préface de Mira Kamdar