L’ASIATHÈQUE / « Encore plus loin que Pluton », Huang Chong-kai – le 28 novembre 2018

Le 28 novembre 2018

232 pages – 19,50 €

Format : 14 x 18

La nouvelle vague littéraire de Taïwan prend position sur le monde contemporain.

Un professeur d’histoire et un jeune intellectuel encoquillés dans une existence tranquille et insipide, rongés de solitude, malgré la présence, réelle ou fantasmée, de ceux qui les entourent, tentent de trouver une échappatoire à l’atonie de leur quotidien en pianotant sur leur clavier. Qui est le personnage et qui est l’écrivain ? Ou bien s’agit-il du même être qui s’invente une double vie ? Comme Pluton, expulsée en 2006 de la liste des neuf planètes du système solaire, l’identité, l’histoire, la mémoire sont sans cesse réécrites, écartées ou remises en question. Dans ce premier roman audacieux où souvenirs et épisodes inventés se confondent, Huang Chong-kai fait coexister plusieurs niveaux de réalité. À travers une architecture narrative subtile, faite de détours, de retours en arrière et d’écarts, il nous entra.ne dans une promenade poétique où ce qui compte n’est pas tant l’histoire ni le romancier qui la raconte que le chemin qu’il parcourt.

Acclamé par la critique à sa sortie à Taïwan en 2012, ce roman a donné lieu à une version en chinois simplifié publiée en Chine en 2013.

Huang Chong-kai est né en 1981 à Yunlin (Taïwan). Diplômé d’histoire, il est actuellement rédacteur en chef du magazine littéraire Nouvelles. Il est l’auteur de trois romans et de deux recueils de nouvelles. Il a obtenu plusieurs prix littéraires, parmi lesquels le prix du Nouveau jeune écrivain du journal United Daily. Il fait partie de la génération d’écrivains taïwanais montante, prenant pour thème d’élection le rapport de la jeunesse taïwanaise à la mondialisation. Ses oeuvres, d’inspiration postmoderne, conjuguent références à la culture populaire et expérimentations littéraires métafictionnelles.

Extrait « Quand le temps reprend son fil, la fille de Neruda n’est plus là mais son regard traîne encore dans ma chambre, calme et silencieux. Je comprends seulement maintenant, bien longtemps après, que le temps saute certaines personnes, et que le rythme de pas de leur image rémanente n’apparaît qu’à la lumière, comme les acariens.

J’ai chassé la fille de Neruda de ma vie comme les Terriens ont frivolement chassé Pluton, elle peut désormais suivre son orbite sans être dérangée. »

Il serait sans doute excessif d’interpréter l’aventure de Pluton comme une métaphore de la situation taïwanaise actuelle, mais les errements identitaires des personnages du roman, leur incapacité à être clairement définis comme des figures réelles, des êtres de chair ou des fantasmes d’écrivain, autant qu’ils font écho à l’histoire de la « planète » naine évoquent les problématiques auxquelles se heurtent chaque jour les Taïwanais. Ceux-ci comprennent peut-être mieux que quiconque la tragédie d’appartenir à une entité qui ne permet pas de s’autodéterminer. » (Extrait de la préface)

  • La collection Taïwan Fiction poursuit son travail de mise en avant d’une littérature moderne et singulière qui nous parle à tous.
  • Un des auteurs les plus prometteurs de sa génération.