ESPACE DES ARTS – Création « MON DÎNER AVEC WINSTON » / 20>26 novembre

Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône
Texte Hervé Le Tellier Interprétation et mise en scène Gilles Cohen
26 > 30 novembre

Ce soir, Charles reçoit Winston Churchill à dîner.  Petits plats dans les grands, vins fins, whisky et cigares – doubles Corona Julieta bien sûr – Winston ne fume que ceux-là. Un repas entre vieux amis, où l’on se souviendra, où l’on se racontera la vie, la guerre…

Si Charles avait vraiment connu Winston et si Churchill n’était pas mort depuis plus de cinquante ans, la situation serait presque ordinaire…

L’admiration que Charles porte au grand homme est de nature quasi-religieuse. Photos aux murs, enregistrements, journaux,rien ne manque à ce musée domestique. Les discours de Churchill ? Charles les connaît par coeur. Ses goûts culinaires? Les siens désormais, jusqu’à son physique qui n’est pas sans rappeler celui de son idole. Il suffit de se plonger dans les mémoires de celui qui incarna la résistance du monde libre pour comprendre qu’il y a là matière à fascination.Le temps d’un dîner, c’est tout un siècle qui met les pieds sous la table de Charles et de son invité, où l’Histoire – la grande – passe les plats, où s’invite Daladier, où picore Chamberlain, où Hitler débarrasse…

La boisson aidant, Charles libère les mots comme d’autres ont libéré les peuples et l’on ne sait plus ce qui est le plus triste, des ruines de Londres ou des peines de coeur de Charles après que sa femme l’ait quitté.

Le formidable Gilles Cohen – qu’on se souvienne de lui dans Revenez demain ou plus récemment dans la série télévisée Le Bureau des Légendes – fait à nouveau merveille dans ce rôle de vieux solitaire alcoolique, mêlant le plus intime d’une vie ordinaire aux imitations de François Hollande ou Jacques Chirac, endossant la redingote de Churchill, ou tentant d’amadouer un voisin qui n’en peut plus de ces discours tonitruants qui percent son plafond plus souvent que les bombes.

Devant tant d’amour et d’insistance, il n’est pas sûr que Winston himself ne finisse par sonner à la porte…